Le rire est un sujet très complexe à détourer : le rire est insidieux, on le retrouve partout, c’est pour cela qu’il est aussi fou (lol).
Le rire est une réaction que Le Robert définit telle que (v. intransitif) « Exprimer la gaieté par un mouvement de la bouche, accompagné d’expirations saccadées plus ou moins bruyantes ».
Je ne suis pas certaine que nous rions toujours par gaieté, j’affirmerai même que cela n’est pas une condition nécessaire.
Je vous propose de nous intéresser d’abord au Rire de Bergson qui a le mérite de proposer une analyse des mécanismes qui mènent au rire (provoqué par le comique). Aussi, j’admets avoir une histoire singulière avec cet essai.
Celles et ceux qui me connaissent personnellement savent que j’ai mille et un rires.
Néanmoins – et aussi surprenant que cela puisse paraître – ça n’a pas toujours été le cas. Plus jeune, mon rire était bloqué : je faisais rire (enfin je crois ?) sans savoir rire moi-même.
Et puis, le temps passant, j’ai fini par mettre la main sur ce vieil ouvrage : Le Rire d’Henri Bergson (sacré bonhomme tmtc). 🫰
Par conséquent, je vous propose d’introduire mon propos sur les grandes lignes de ce court essai – que vous pourrez trouver en libre accès sur internet -, puis tenter d’élargir la réflexion sur le rôle du rire dans notre société.
J’espère que cela vous plaira ou vous questionnera.
Avant-propos
Avant toute chose, je me dois de rendre hommage à Bergson étant donné le personnage. Bergson est un philosophe de la fin du XIXe – début XXe, il a notamment travaillé sur la perception du changement, le temps (et sa perception individualisée), la relation entre l’esprit et le corps, la métaphysique et la métapsychique.
Là où il est très fort, selon moi, c’est qu’il apporte avec lui une nouvelle compréhension philosophique basée sur ses recherches scientifiques (recherches sur les fonctions cérébrales par exemple).
Accessoirement, il est Normalien, docteur en philosophie, Académicien ayant reçu la Légion d’honneur, le Prix Nobel de Littérature et – si ce n’était pas suffisant – il a également été le 1er président de la Commission internationale de coopération intellectuelle (aujourd’hui UNESCO). Voilà, vous concèderez avec moi : Bergson est le prototype de l’homme tout à fait ordinaire, comme tant d’autres, oklm.
Maintenant que nous avons eu vague des exploits de notre auteur, et peut-être aurez-vous déjà perçu sa grandeur, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet. Je vous propose de commencer par une rapide analyse de son essai puis d’élargir le sujet sur le rôle du rire (en essayant de poser un regard sur notre époque contemporaine).
Le Rire, Bergson
Il convient de clarifier certains points :
- Ce n’est pas un essai à proprement parler. Bergson formule des hypothèses appuyées par des exemples – notamment tirés du théâtre ou de mises en situation théoriques. Ces mises en situation lui permettent d’exposer et d’analyser les mécanismes du rire dans ce contexte restreint.
- Bergson précise d’ailleurs qu’il étudie le « rire spécialement provoqué par le comique ». A noter, Bergson a une vision assez ancienne – et étroite – du comique (début XXe).
Attaquons l’exercice (p̶o̶u̶r̶ ̶d̶é̶f̶a̶i̶r̶e̶ ̶l̶e̶s̶ ̶H̶u̶n̶s̶) avec 3 observations structurantes proposées par Bergson :
1/ Le comique se réfère à ce qui est proprement humain. Si un être ou un objet venait à nous faire rire, c’est de par sa ressemblance avec l’Homme ou par sa confection humaine. Bergson estime par ailleurs que le rire nécessite « une anesthésie momentanée du coeur », s’adressant à la pure intelligence.
- Commentaire : je suis mitigée sur ce dernier point. Parler d’anesthésie du coeur c’est nier l’existence d’un rire attendri ou embarrassé (ici par le comique). Selon moi, même s’il est provoqué par le comique, le rire peut être attaché à une émotion et donc dépasser / remplacer la « simple » intelligence. Ici, j’ai mis en parallèle « le cœur » et « l’émotion ». Ce postulat que j’exprime pourrait évidemment, lui aussi, être remis en question.
- Pour nous mettre plus ou moins d’accord, nous pourrions entendre « intelligence » comme englobant l’intelligence dite émotionnelle. Pas certaine que ce fut la vibe de l’époque mais c’est la nôtre donc j’en profite. Dans tous les cas, la conclusion est identique.
- Note à moi-même : il suffit de regarder un film du genre « comédie » pour constater que le rire ne nécessite pas le brin d’une once d’intelligence mdr.
2/ Bergson nie la possibilité d’un rire solitaire : « On ne goûterait pas le comique si on se sentait isolé ».
- Commentaire : je me sens personnellement attaquée par cette affirmation qui m’apparaît comme la négation pure et simple de ma réalité. Je rie seule au quotidien et me fous de savoir si quelqu’un saurait rire avec moi. Je suis là, hilare, c’est déjà ça.
- Ainsi, il ne m’apparaît pas nécessaire d’avoir quelqu’un qui témoigne de la drôlerie d’une situation pour que le rire prenne place. Si j’utilise la manière que Bergson a d’argumenter, alors, je dirais qu’un spectateur, seul au théâtre, devant un vaudeville n’est pas dans l’impossibilité ou l’incapacité de rire du comique de la pièce et, ce, malgré l’absence de rire des comédiens. Ici, le spectateur rit seul ou encore isolé.
- Si nous prenons une acception plus large de l’isolement, en effet, le rire n’est pas dénué d’une signification sociale et par-delà partagée : si j’avais été élevée par des manchots, je ne pense pas que j’aurais pu rire de Bruno Retailleau (c’est gratuit, au plaisir).
3/ Enfin, Bergson considère que le rire nécessite de répondre à certaines exigences et qu’il porte en lui une signification sociale.
- En résumé : Bergson développe là le principal mécanisme du rire selon lui : la dichotomie entre l’automatisme et l’adaptabilité ; la raideur mécanique là où nous devrions conjuguer en nous souplesse du vivant et flexibilité.
- Commentaire : je conçois le comique issu de l’inadaptation – ou de la rigidité – en société (qu’elle soit gestuelle, situationnelle ou langagière), pour autant, je n’affirmerai pas que ce comique mène inéluctablement au rire.
Maintenant que le décor est planté, nous pouvons nous attarder sur la signification sociale du rire. Je vous cite un passage qui est, selon moi, le coeur des réflexions de Bergson :
« Le rire est, avant tout, une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l’objet une impression pénible. La société se venge par lui des libertés qu’on a prises avec elle. Il n’atteindrait pas son but s’il portait la marque de la sympathie et de la bonté. […] En général et en gros, le rire exerce sans doute une fonction utile. […] Mais il ne suit pas de là que le rire frappe toujours juste, ni qu’il s’inspire d’une pensée de bienveillance ou même d’équité. Pour frapper toujours juste, il faudrait qu’il procédât d’un acte de réflexion. Or, le rire est simplement l’effet d’un mécanisme monté en nous […] par une très longue habitude de la vie sociale. […] Le rire châtie certains défauts à peu près comme la maladie châtie certains excès, frappant des innocents, épargnant des coupables, visant à un résultat général et ne pouvant faire à chaque cas individuel l’honneur de l’examiner séparément. […] Une moyenne de justice pourra apparaître dans le résultat d’ensemble, mais non pas dans le détail des cas particuliers. »
En effet, Bergson évoque le rôle du rire comme un encadrement global (et non particulier) des comportements en société. Ce passage met en avant la nécessité de l’association du rire à une anormalité qu’il s’agirait de corriger [anormalité au sens de sortir de la norme commune, norme sociale donc]. C’est donc en ce sens un phénomène de contrôle social informel, ou dit par Henri : une correction.
Je termine avec mon cher ami en détruisant presque tout ce que j’ai dit jusqu’ici. Bergson soutient l’idée que les procédés du comique mènent forcément au rire. Et ça … Moi, on ne me la fait pas ! Je considère que les mécanismes du comique ne garantissent en aucun cas le rire. Chacun.e aura son propre exemple pour valider ma pensée.
Dorénavant, tentons de tirer le fil des réflexions de Bergson susmentionnées et de procéder à les étendre au rire par-delà le comique.
Je conçois dans la « correction » par le rire, qu’au moins 3 traits humoristiques sont directement concernés :
- La moquerie (qui peut mener au harcèlement) – elle corrige ce(lui) qui n’entre pas dans la norme [norme définie par le moqueur] : le moqué
- Le sarcasme qui expose ce qui aurait dû ou pû être et le compare à ce qui est (le rendant ridicule).
- Le rire nerveux qui, selon moi, démontre le malaise du riant (en cela, l’origine du malaise n’a pas besoin d’être définie – ce rire est là et cela suffit)
Logiquement, si on continue à étendre le raisonnement de Bergson, alors se pose la question de l’universalité du rire (flemme mais traitons le sujet en trois mots).
En simplifiant à l’extrême, je considère qu’il faut prendre en compte deux aspects de l’humour :
- Le comique de geste et de situation qui sont, selon moi, les plus largement transposables
- Toutes les autres formes d’humour (basées sur la langue, la société, les habitus ou tout aspect culturel…). Ces formes d’humour sont marquées par leur fort ancrage à la société dans laquelle elles existent (comme des connaissances pré-requises). Elles sont par conséquent (plus) difficilement transposables; soit peu ou non-universelles.
Nous allons dorénavant nous intéresser au rôle du rire en société et plus particulièrement en appréhendant le rire comme un pont entre le politique et l’intime.
Pour cela, nous allons évoquer 3 mouvements : du rire vers le politique; le rire sous le joug du politique; et finalement le rire, l’intime et le politique.
Du rire vers la politique
Commençons par la facilité, allons du rire vers le politique (littéralement) avec Coluche. Je n’ai pas trouvé d’équivalent plus récent, donc tant pis, retour dans le temps.
Coluche (Michel Colucci) annonce, en 1980, être candidat à l’élection présidentielle de 1981. Cette candidature semblait pertinente dans la mesure où, justement, le rire convoque des émotions, crée un lien entre l’humoriste et son public et surtout une confiance grandissante (notamment quand le rire dénonce des faits sociétaux, des situations politico-financières, etc.). Dans cette démarche, il a reçu le soutien de quelques grandes têtes que d’autres ne recevront jamais – Gilles Deleuze, Alain Touraine ou encore Pierre Bourdieu.

Il côte à 10-12% des sondages pour le premier tour, mais sera – par suite – l’objet de nombreuses intimidations (d’où la pertinence de sa candidature). N’ayant finalement pas obtenu les signatures nécessaires à sa candidature, il abandonne le projet (et meurt 4 ans après).
Cela démontre de la puissance du rire : les humoristes sont perçus comme relativement proches du peuple, surtout si la comparaison est faite avec nos hommes politiques.
Pour évoquer des temps plus contemporains, nous pouvons statuer que beaucoup d’humoristes sont engagés dans des causes qui leur sont chères et profitent de leur influence pour les faire connaître, les diffuser. Je pense par exemple à Swann Périssé et son engagement pour le féminisme et l’écologie ou encore à Constance pour l’exposition qu’elle donne à la psychiatrie et à sa condition, la bipolarité.
Sur ces considérations, attaquons-nous désormais à la décision politique qui s’impose au rire.
Le rire sous le joug du politique
Pour cela, différents éléments me semblent intéressants.
1/ Peut-être le plus évident, le licenciement de Guillaume Meurice n’aura échappé à personne (alors même que la justice ait classé la plainte sans suite). Cette décision – à l’encontre de celle prise par la Justice – prise par nos services publics nous indique que le vent a tourné. S’il convenait d’être Charlie alors que les caricatures stigmatisent des pans entiers de notre société, je ne vois pas pourquoi nous devrions refuser de moquer un seul individu suprémaciste à l’origine d’une population décimée. Enfin… je vois très bien pour quoi et et j’en suis désolée (l’exemple d’après ne vient que conforter).
Plus choquant encore, lorsque Rachida Dati exprime qu’aucun propos de Merwane Benlazar ne soit répréhensible et … annonce tout de même son retrait de France 5 (parce que jugé habillé en salafiste par la très classe Sénatrice Nathalie Goulet). Sénatrice qui ponctue son allocution par le trio gagnant : « Al-Qaïda », « Abaya », « Salafiste ».
Ça s’applaudit comme on me l’a appris : « one, two, three, viva l’Algérie ! »
Aussi, j’informe celles et ceux qui ne connaissent pas ce banger, que c’est bien le rire qui vous a évité.
Enfin, pour prendre un exemple hors hexagone, je vous invite vivement à vous renseigner sur les conditions de travail des humoristes en Inde en ce moment-même. Certains sont pris à parti par le gouvernement, parfois détenus ou sujets aux intimidations, les salles sont vandalisées et les humoristes forcés de se censurer afin de se protéger.
Pour les mauvais en Histoire-Géo, l’Inde est une démocratie ; pour ceux qui n’ont pas une excellente mémoire, paraît-il que la France aussi.

Ainsi, le rire est une arme (voire un acteur) politique.
La perception du rire par les politiques change, à mesure que l’autoritarisme grandit, et plus particulièrement la caricature, la satire ou la moquerie. Si les politiques souhaitent contrôler le rire c’est parce qu’ils connaissent sa force comme arme populaire. La moquerie mène souvent à la décrédibilisation de celles et ceux au pouvoir. Interdire des humoristes ou certains sujets de rire, c’est décider de la morale sociétale, de ce qui est ou n’est pas acceptable (d’autant plus ironique que l’accession du gouvernement français au pouvoir [et sa légitimité fantasmée] est en soit un procédé comique).
C’est en cela qu’il s’agit de défendre la liberté de rire. Car, si mes souvenirs sont bons, en démocratie, il ne se peut que l’exécutif évince la Justice.
Parlons enfin du rire comme pont entre politique et intimité.
Je vais me contenter d’une humoriste pour poser le sujet. J’aurais pu parler précédemment de Blanche Gardin notamment sur la cancel culture qu’elle subit. Cela rentre entièrement dans le contrôle politique du rire. Elle a toujours eu une critique sur notre société et la vie médiatique (de Polanski aux réfugiés climatiques). Elle a alerté puis défendu la Palestine avec un certain intellect. Cela gêne celles et ceux en responsabilité étant mis publiquement en face de leur cuisant échec. Elle a ainsi été mise sous silence, puisque décidément critiquer Netanyahou, c’est assumer sa pénitence.
Dans l’un de ses sketchs, le plus trashy selon moi, bien que peu s’en soit rendu compte, Blanche Gardin raconte son viol (un rapport par surprise donc non consenti, disons les termes). Les spectateurs rient et les commentateurs sous la vidéo la remercient de son sarcasme et de sa grande humanité.
Plusieurs questions me viennent à ce sujet :
- Les spectateurs sont-ils conscient de la gravité de la situation dont ils rient ? Est-on toujours conscient au moment où l’on rit ? J’émets de grands doutes.
- Qu’est-ce qui est perçu comme particulièrement humain chez Blanche Gardin ? Je répondrai pour moi-même : c’est un trio composé de la force de sa fragilité, sa capacité à dire l’indicible et malheureusement l’universalité des propos énoncés. Sur ce dernier point, il se crée une complicité voire une proximité entre victimes de ces actes – d’une violence déchaînée.
- Enfin, est-il possible de rire du viol ? La preuve en est, dans ce contexte, oui.
Nous n’avions pas adressé l’éléphant dans la pièce alors, allons-y. Je n’ai pas parlé des sujets de rire en eux-mêmes. Je prends ce parti dans la mesure où l’humour (et ce qui fait rire) ne peut pas être décontextualisé. Dans un spectacle, l’humoriste construit un personnage, une proximité, un jeu avec son public. L’humoriste sent et teste son audience (et, parfois, se voit modifier son texte pour mieux s’y adapter).
On ne rit pas de la même chose avec ses amis qu’avec ses parents/enfants, son banquier ou son patron (des professions pas du tout sélectionnées mdr).
Enfin lorsque je parle de l’intime, j’affirme que le rire est intrinsèquement lié à (la perception de) soi et à son rapport au monde. Un seul exemple : je peux rire de la récurrence d’une situation dans ma vie, cela n’implique que moi, mon voisin n’en rira pas. Nous rions aussi par honte ou par gêne, chacun.e son curseur et sa sensibilité.
Nous pouvons être heurté par certaines blagues ou certains humours – sans jugement, c’est une bonne chose. Cela interroge nos valeurs dans la limite de ce qui peut être dit (j’entends ici ce qui ne fait pas l’objet d’un délit [et la limite est parfois extrêmement poreuse d’où l’importance du contexte]).
En bref, si on est Charlie, alors on est Guillaume Meurice et Blanche Gardin.
Je le dis là une dernière fois, il s’agit de s’inquiéter dès lors que le politique s’immisce dans le rire car il touche là-même à notre capacité à faire lien, à créer par l’émotion une toute nouvelle proximité. Bannissant certains sujets de rire en dehors la sphère publique, le politique les renvoie dans le plus grand secret, autrement dit la restrictive intimité.
J’aurais bien une touuuute dernière affirmation, à prendre comme le souhait timide d’un enfant.
Je prends un peu le contrepied de Bergson, le rire est, pour moi, une clef pour plus d’humanité. Savoir rire de soi est, selon moi, bien trop sous-estimé. C’est une grande qualité permettant que les murs s’abaissent, ceux de nos forteresses. Nos quotidiens seraient bien différents si nous nous autorisons à rire de nos erreurs et ce, sans besoin de se cacher.
Imaginez nos hommes politiques se moquant de leurs bilans désastreux – le rire montre aussi la limite de celui qui l’exprime, celle de l’estime de soi. La transparence serait reine, nous serions maîtres de nos choix. Car si le rire est une étape, il sait aussi réhabiliter parfois. L’erreur est humaine mais l’intention se doit d’être là.
Rire de soi-même c’est s’autoriser à l’erreur, à l’imperfection, à ce qui aurait pu mais n’est finalement pas. Cela permet aussi de distancer la gravité de certaines situations (rire du fait d’avoir ri nerveusement à un enterrement par exemple). Ce rire adoucit ce qui autrement serait blessant.
Nous rendant faillibles, il est d’autant plus crucial pour créer du lien entre nous tous, et, j’espère, renforcer nos sympathies mutuelles. Car un défaut dont on peut rire est d’autant plus accepté (surtout que si vous accédiez à d’autres intimités, vous noteriez que le dit défaut est en vérité très partagé).
En récompense aux lecteurs.rices qui ont eu la force ou la foi d’arriver jusque-là, je vous confesse un secret. Je suis de celles et ceux qui ont un monologue intérieur en permanence (pas de monologue dans mon cas mais une assemblée plénière de la CGT à l’aube du retour aux 39h – Sophie Binet en boucle dans mes pensées). Tant et si bien que je préfère énoncer à haute voix les propos qui y sont soutenus… moins poétiquement, je parle h24 toute seule.
Cela dit deux choses de moi :
- Ma façon de penser (et de l’exprimer pour moi-même) est la résultante du souhait d’avoir quelqu’un avec qui pouvoir tout partager (mes joies, mes amours, ma bizarrerie, mes hontes, mes peurs, mes incertitudes, mes peines et en quoi la vie est une injustice crasse) — conclusion : Elma n’a pas de pote, paix à son âme. Corolaire : Elma est devenue sa propre amie.
- Ainsi, si vous me voyez parler dans la rue, vous saurez que je ne suis pas au téléphone, je parle ou chante toute seule.
Je vous confierai peut-être un jour, qui sait ?, la raison d’un de mes rires systématiques en société, rire que je tais tout aussi systématiquement [insert emoji cringe].
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