Santé mentale et littérature

Vous avez certainement entendu parler du livre « Intérieur nuit » de N. Demorand – journaliste à France Inter – sur sa bipolarité.

Je suis d’humeur irakienne, donc c’est l’heure de mes dires / médire.
Je vais essayer d’édulcorer (comble du diabétique), toutefois, si vous cherchez à mieux comprendre la maladie mentale, c’est un immense flop. Je dirais même un contre-son-camp désastreux.

Sur la forme, 100 pages extrêmement mal écrites, avec un style confus, répétitif et surtout une expression (ou description) des états psychiques quasiment inexistante.

Sur le fond, c’est pire 👹
Pour le contexte : la maladie mentale est très peu représentée dans la littérature. C’est d’abord en cela que ce livre est un raté monumental.
Demorand souhaite rappeler que la maladie mentale est banale (enfin que lui, étant malade mental, reste quelqu’un de banal). Un bon point pour ne jamais avoir utilisé le champ lexical de la « normalité ». Seul point que je concéderai.
Sauf qu’il n’y a rien de banal dans son histoire et qu’elle ne peut parler qu’à des gens de la haute société.

En tant que patient, il a accès à des « pontes » de la médecine qu’il voit plusieurs fois par semaine en toute discrétion. Ses hospitalisations se font en thalassothérapie (et il s’en plaint) ou en service diabéto.
Je pense que vous avez compris. Ce n’est pas un mental mental banal (ses termes). C’est un homme blanc, connu qui a du fric et qui peut choisir la manière dont il est traité.
Donc, on a déjà perdu une identification pour 95% des personnes ayant des troubles de santé mentale. L’étiquette de maladie mentale retire, en réalité, toute capacité de décision sur son parcours de soin.
Enfin, on ne ressent rien en le lisant, on ne comprend pas ce que cela fait. Son livre évoque sa honte liée à sa maladie mentale en société et ça s’arrête là.

Par ailleurs, ne parlant que de lui sans profondeur ni réflexion, il n’évoque JAMAIS la responsabilité des systèmes d’oppression dans lesquels nous sommes.
On ne peut pas séparer maladie mentale et le contexte / environnement dans lequel elle existe. Tout le monde ne devient pas malade mental. À votre avis, pourquoi ?
Je vous laisse vous faire votre propre idée, vous ne trouverez rien dans le bouquin. 🤷🏽‍♀️
C’est un impensé, un angle mort, celui qui renverse des scooters en tournant. Comme quoi quand on ne fait que de se regarder, on ne se rend pas compte de la gravité de ses actions.

Je ne parle pas de son rapport aux traitements sinon je pleure.

Ainsi, ce livre est une repentance de la lâcheté de son auteur pour se pardonner 20 ans de silence alors qu’il avait l’influence et le pouvoir pour mettre la lumière sur le sujet.

Si vous voulez avoir une image assez précise de la maladie mentale, je vous recommanderais « Stupeur et tremblements » d’Amélie Nothomb (super bouquin, drôle et mettant en perspective la condition de l’Homme dans la société japonaise – vrais champions de la folie).

Bonne lecture ☀️

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