Politiciens et coût de l’ALD

François a levé un tabou : les malades coûtent chers et ne cotisent pas assez pour leurs soins.
Certes, la maladie ça coûte, c’est sûr. Ça vaut le coup/t de le rappeler après avoir poussé la loi Duplomb. 🤘

Mais qu’est-ce qui coûte ?

On nous donne la facture sans le détail des coûts – que ce soit du soin, du suivi, du matériel, de l’assistance, et encore plus, de l’urgence (salé celui-ci).
Parlons du cas des patients diabétiques (DT1 ou DT2 dans certains cas).

Depuis 2019, ces patients ont vu leur traitement évoluer par la prise en charge (remboursement) d’un « dispositif médical », les capteurs.
Abbott a gagné la bataille (seul sur le marché) soit le remboursement d’un dispositif 14 fois plus cher (rapport 2024 de l’IGF) que les mesures capillaires classiques.

Ce que ne dit ni l’IGF, ni la Secu ni qui que ce soit, c’est que ces calculs de coûts font l’impasse sur la réalité matérielle.

Deux phénomènes sont à l’œuvre :

1) Abbott est le seul laboratoire à distribuer le dispositif. En cas de défaillance, les patients traitent directement avec le laboratoire. Les capteurs durent 14 jours (15 avec la nouvelle version (qui nécessite de remplacer tout le matériel : +1 coût caché).
Mais un bout de sparadrap qui gratte avec une canule très courte plantée dans l’épaule, avec la chaleur de l’été, le fait de s’adosser dans le métro, s’habiller/déshabiller trop rapidement, etc. La moyenne c’est du 6 jours l’été et 10 l’hiver. Les capteurs sont évidemment jetables alors que tous contiennent des puces électroniques (tout autant de défaillances y sont logées – ça ne capte ou ne se connecte pas, plus de batterie, il fait trop chaud, ou juste ça ne fonctionne pas). Alors Abbott remplace : un envoi par colissimo d’un nouveau capteur et la demande de renvoi de l’ancien. Bon le bénéfice patient est questionnable mais quid du coût… ?

2) Le chantage à la donnée médicale. Pour pallier le remplacement des lecteurs (appareils particulièrement coûteux qui mesurent la glycémie recueillie par les capteurs) à chaque mise à jour du dispositif, Abbott a créé une application mobile : lecture de la glycémie, stockage des données, graphiques d’analyse, possibilité de transmission à votre médecin etc.
Sans trop développer, je considère que c’est de la mise en danger pure et simple de données (médicales et personnelles) ultra confidentielles (valant extrêmement chères) détenues par un laboratoire pharmaceutique, privé donc (pour lequel patient = client).
A quand la marchandisation ? 🤌

Nous avons ici un exemple de pratiques masquées par l’Etat, par son incapacité à encadrer, assurer le contrôle qualité effectif des dispositifs sur le marché, à encadrer les prix (bien que non évoqué ici), garantir une facturation juste et un bénéfice patient réel.

On peut élargir cette logique de pillage du public par le privé (autorisé évidemment) à l’entièreté de la recherche clinique et autres domaines publics :

Rapidement, sur le cas de la recherche clinique.
Les AAP (publics nationaux) qui visent à la symbiose de la recherche publique et privée sont, in fine, des aubaines pour les groupes pharmaceutiques. Ils détiennent la production comprenez-vous (et l’assistance juridique pour faire valoir leurs intérêts).

L’Etat subventionne donc la recherche publique (avec ses cohortes) qui sera brevetée par le privé et dont les revenus reviendront par de ridicules royalties infiniment émincés qui réussissent difficilement à couvrir les coûts de la recherche – engendrés pour les organismes publics.

Nous organisons le pillage du service public qui l’accepte, faute de moyens et de leviers pour agir. Accepter c’est la continuité du service public : faire continuer l’action même si ce n’est pas fait dans les meilleures conditions (et en courant, parfois sciemment, à sa perte).

Les chercheurs travaillent pour le bien de tous sachant que les prix fixés rendront l’accès aux solutions difficile.

Pour illustrer l’ultra libéralisation de l’exécutif (et de l’administration), cette logique s’applique également à la majorité des DSP (Délégations de Service Public).

C’est un pillage du bien commun par une volonté politique d’asphyxie méthodique.

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