Bon…
Titre un peu tapageur, qui risque de crisper mon ancien employeur, oups.
Suivez-moi dans ce méli-mélo pas si emmêlé, a contrario !
Il y a presque un an je lisais « Où atterrir » de Bruno Latour et « LQR » d’Éric Hazan, tous deux morts néanmoins importants.
Je dirais que la violence de l’État se fait d’abord par le discours, par ses propos et par la règle de ce qui peut être évoqué (et ce qui ne le peut pas – cf Trump). Cette violence prend de la puissance quand elle stigmatise, d’abord ponctuellement puis de façon systémique, la violence de ceux qui disent la violence étatique.
Par exemple, en nommant les « éco-terroristes » ceux qui veulent sauver la Terre. En placardant les OQTF quand l’étranger fait bonne affaire / à faire.
Le langage est une arme. Et l’arme – blanche certainement – est propagée par les médias.
En les traitant de sauvages, l’État marginalise et crée des chimères effrayantes. De gens qui n’ont pour eux que la misère ; la pitié, de temps en temps. Puisqu’ils nous apprennent petit à petit à les haïr, supposément « c’est à cause d’eux qu’on ne peut pas jouir » (dans tous les sens, la sexualisation inconsciente des femmes voilées « on veut les voir » c’est « pouvoir jouir de leurs physiques » car c’est de ça dont il s’agit réellement).
On nous détourne le regard de ce qui est vraiment indécent.
L’opulence de certains quand d’autres vivent sans logement.
C’est cette règle que nous créons tous les jours, le délire d’une croissance alors qu’y a plus de « nourrissons » (à bien en tendre).
Alors, j’ai quitté mon job à plein temps, celui qui me donnait le maigre espoir de changer les choses pour plein de gens. Je détaillerai ultérieurement les raisons de mon départ.
Un boss m’a dit en rigolant que les consultants « on était pas des chirurgiens ». Sauf que moi je vois la tumeur grandissante. Elle pousse sur le nerf optique et nous empêche de voir clair dans ce brouhaha incessant.
Je mesure évidement le privilège que j’ai gagné en intégrant « la cour des grands ».
Sauf que moi je ne m’y suis jamais sentie à ma place, parmi tous ceux qui se contentent, suffisants.
Moi j’ai la rage du changement et je veux mettre du cœur à l’ouvrage quitte à déchirer tout sur mon passage.
J’ai appris que le chaos était la forme la plus stable de l’univers (voir la fractale de Mandelbrot), alors fonçons tête la première. Rien ne nous retient éternellement.
La société d’aujourd’hui me fait mal. Tous les jours, elle me heurte, elle me meurtrie et, peu à peu, à force de maux, j’ai du mal à trouver les miens, de mots.
Elle me détruit sans faire de bruit.
Et, souvent, je ne sais plus comment lutter. J’essaye par tous les biais, de tous côtés.
Comme l’impression que l’espoir meurt avant même d’être encore / en corps bien né. N’y a-t-il que moi à être si dérangée ?
Auquel cas, je vais devoir faire taire ces envies presque fécondes – qui ne peuvent vivre – dans un tel monde qui ne veut pas partager ses vivres…
☀️

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